Le 7 décembre 1970
Le 7 décembre 1970, Willy Brandt s’agenouille devant le mémorial de Varsovie
Dans les archives d’Ouest-France. Venu pour signer un traité pacifique avec la Pologne, le chancelier fédéral allemand s’agenouille devant le « Monument aux héros du ghetto » de Varsovie. Un geste fort, entré dans l’Histoire.
Les photographies du chancelier fédéral d’Allemagne, Willy Brandt, à genoux devant le « Monument aux héros du ghetto » souvent appelé « Mémorial du ghetto de Varsovie », le 7 décembre 1970, ont fait le tour du monde. Bien entendu, c’est avec l’un de ces clichés que Ouest-France ouvre sa Une, au lendemain de ce geste émouvant
, grave
et digne
qui va au-delà d’un simple élan du cœur
.
Cette visite historique est une nouvelle et spectaculaire expression de l’Ostpolitik (« politique vers l’Est ») menée par le chancelier allemand, soucieux de normaliser les relations avec l’Union soviétique, l’Allemagne de l’Est (RDA) et les autres pays d’Europe de l’Est, dans le but premier de maintenir la paix.
Après avoir déposé une couronne d’œillets blancs, M. Brandt s’est agenouillé devant la stèle, écrit Ouest-France. Il s’est ainsi recueilli pendant près d’une minute avant de se relever.
La ligne « Oder-Niesse » pour frontière
Le chancelier de la République Fédérale d’Allemagne, très attaché à la réconciliation avec la Pologne
, s’était rendu à Varsovie pour signer avec le président du Conseil des ministres polonais, Józef Cyrankiewicz, un traité important, tourné vers la paix.
Les deux pays sont, entre autres, d’accord pour constater que la ligne frontière existante, dont le tracé a été fixé au chapitre IX des accords de la conférence de Potsdam du 2 août 1945, forme la frontière d’État occidentale de la République populaire de Pologne
et s’engagent à régler leurs différends par des moyens pacifiques
sans avoir recours à la menace ou à la force dans les questions touchant à la sécurité européenne et internationale, ainsi que dans leurs relations mutuelles.
Pour Ouest-France, la signature du traité germano-polonais dans le cadre du palais Radziwill, cher au cœur de tous les Polonais, «
clôt un chapitre funeste de l’histoire européenne que les deux peuples ont subi avec beaucoup de douleur
, ainsi que l’a fait remarquer le chancelier Willy Brandt avant son départ pour Varsovie ».